Ça a beau être suite à de nombreuses reprises, c'est bien le centième article de ce blog... Petit sourire en coin d'émotion, bien que je me demande qui suit encore...
Bref, le soir même de mon dernier post, j'ai assisté à un concert assez intéressant pour que je vienne faire une petite promo ici. C'était à
la Faïencerie, à la Tronche, la date de lancement de la tournée européenne que vient d'entamer
Alec Empire et son Hellish Vortex (c'est-à-dire le groupe qu'il forme en duo avec sa partenaire Nic Endo depuis l'époque de feu Atari Teenage Riot).
J'avais déjà vu le groupe en première partie de Nine Inch Nails aux Arènes de Nîmes le 28 juillet de cet été, à l'occasion de leur dernier (?) concert en France lors du Wave Goodbye Tour. Leur prestation s'est avérée magnifique, alors que la scène entière, plutôt dénudée pour l'occasion, était réservée à ce seul duo. Malheureusement le son n'était pas à la hauteur et l'ambiance pas toujours au rendez-vous, les gens se heurtant à un concert qui eut lieu pratiquement de jour et à une musique bien différente de NIN. Malgré tout, les compositions et l'énergie qui émanait de tout ce joyeux bordel m'avaient interpelé.
Alec Empire aux Arènes de Nîmes
Bien que le groupe soit encore une fois en configuration minimale pour cette tournée, pour des raisons pratiques en termes de logistique, mais aussi parce qu'ils partent principalement pour écumer les petites salles, on se contente facilement de ce que dégagent ces deux fortes personnalités, ou plutôt ces deux personnages. Intéressant jeu de scène, pourtant vieux comme le monde... Un Alec Empire en punk exalté, parfois déchaîné, parfois presque hautain, l'air d'être loin de ce monde, et pourtant si présent dès que la sauce commence à prendre avec le public; Nic Endo, fidèle à elle-même: tatouage 'RÉSISTANCE' peinturluré sur son expression impassible, restant concentrée sur ses machines, avec de temps à autres un léger déhanché lancé du haut de ses talons aiguilles, en cadence sur les rythmes qui nous martèlent les tympans et nous font vibrer les entrailles... Les deux artistes nous livrent en version longue un concert finalement assez similaire à ce qu'ils avaient joué à Nîmes, mais l'intimité de la salle est un plus qui valait le détour.
Les bonnes surprises du concert: Chaton à la console (= bon son), pote & ingé qui avait participé à l'enregistrement de l'album du Rocking Ska Club... La première partie, assurée par un groupe de killers au son noise ultra-carré venus de Lyon,
Doppler (avec notamment Yann Coste à la batterie, musicien français de renom)... Une rencontre improbable avec des vieux keupons de la vieille sous champis, à la sortie dans le froid glacial de l'après-concert en sueur... Mais surtout, Nic Endo qui, quelques instants après la fin du show, sort se fumer une clope avec qui veut bien, histoire de papoter un peu, beaucoup. Avant qu'on ne se fasse mettre dehors par l'équipe technique, j'ai ainsi eu l'occasion de discuter musique, tournée, Atari Teenage Riot, et de rapporter un petit autographe souvenir sur mon ticket. Et au passage, de découvrir une artiste qui en dépit d'une notoriété internationale (et plus qu'importante, certes dans la sphère underground...), accorde un moment à l'humain dans tout ça.
Chapeau.