Tuesday, 22 December 2009

Frustration

Quelqu'un m'explique comment ça marche?
Je vous propose l'équation suivante. Vous inquiétez pas, c'est pas très matheux au final...

Je fais de la musique.
Je suis productif quand tout va mal.
Je devrais aller mieux puisque je suis productif, c'est gratifiant et tout et tout... donc passer de mal à bien. Or, pour une raison x, ce n'est pas le cas.
Négatif: 1 - Positif: 0

Je fais de la musique.
Je ne suis pas très productif quand je vais bien.
Je devrais aller moins bien car, après tout, j'aime être productif. Et en effet, ça marche! Résultat: le moral baisse.
Négatif: 1 - Positif: 0

D'où la preuve en bonne et due forme de la loi de l'emmerdement maximum. Life is a bitch, on tend toujours vers le négatif.

Et qu'en est-il de recycler toute cette charmante négativité à son tour, me direz-vous? Une fois une bonne dose inévitablement atteinte, est-ce qu'on ne retourne pas à la productivité et au bonheur relatif?
Soit je vous dirai: oui à la productivité, en effet, mais on reste malheureux comme les pierres, et on ne s'apercevra de l'envergure de sa propre création que bien plus tard, dans un moment de lucidité et/ou de bonheur soudain(e)(s). Soit: que nenni! et on reste sur la lancée de l'entre-deux, ni complètement heureux tout le temps, ni tombant dans la névrose nécessaire à la réalisation d'un chef-d'œuvre digne de ce nom...
Du coup, la seule solution serait de retirer la musique de l'équation pour me détacher de l'influence que la productivité qui la concerne a sur mon humeur... Mais en fait, non merci.

Heureusement pour les zygomatiques que les jours ne vont faire que rallonger pendant six mois à partir d'aujourd'hui, hein, c'est moi qui vous l'dit...

Monday, 23 November 2009

Le vortex rémois

Un weekend attendu, et très inattendu. Très spécial. Qui a semblé à mille lieux de l'espace-temps connu. Quarante-huit heures de nuit. Une quasi-intégrale de la saga 'Alien'. Une bouillotte et des pieds glacés. Des lattes à remettre, un canapé à recoudre, de la musique à retransférer. Un Cookie. Une tarte aux pommes. Des lignes et des courbes à suivre du bout des doigts. J'ai envie de chuchoter 'merci' dans une oreille, à travers une mèche de cheveux parfumés.

Et à la fois progressivement et d'un coup, après une alternance de sommeil et de Jane Austen, à travers les rêves éveillés et le froid de l'hiver qui s'installe, être de retour chez soi. The pang of trading something so unexpected for something so familiar. The feeling of homecoming.
Ce n'est pas vraiment quelque chose dont j'ai tant l'habitude, ce vieux sentiment qui me paraît dater de l'enfance, et pourtant, à force d'allées et venues... Je crois bien qu'une de mes racines a fini par prendre dans cette vallée. Ça me fait un petit peu peur. En tout cas, c'est impressionnant.

'Merci.'

Tuesday, 10 November 2009

Here Comes the Snow

A day cold as hell.
Hell?
Cold?
Who the hell invented this expression??

The hell with it. I'm exhausted anyway.
Cold, maybe.
But not inside.
Inside there's always a warm place.

Welcome to my little hell :)

Friday, 30 October 2009

Ça existe

Début de semaine. Une gamine de neuf ans me demande à midi, lors du service au centre de loisirs où je bosse:
"T'es arabe?"
Assez interloqué, vu ma gueule de viking, je réponds que non. Je commence à avoir la puce à l'oreille quand elle me sort:
"Viens voir, j'ai une blague."
Ont suivi:
"C'est quoi, un arabe dans la Seine? De la pollution! Et c'est quoi, tous les arabes dans la Seine? La solution!"
D'un air tout fier.
Sur le coup, on ne sait bafouiller que du trop banal du genre, "on ne sort pas de blagues comme ça ici". Ni ailleurs, en fait. Nulle part. On ne devrait même pas penser comme ça, encore moins apprendre à un gosse à rire de ça.
Avec le recul, ça choque encore plus que ce à quoi l'on pourrait s'attendre au moment où c'est dit.

Wednesday, 21 October 2009

C

Ça a beau être suite à de nombreuses reprises, c'est bien le centième article de ce blog... Petit sourire en coin d'émotion, bien que je me demande qui suit encore...

Bref, le soir même de mon dernier post, j'ai assisté à un concert assez intéressant pour que je vienne faire une petite promo ici. C'était à la Faïencerie, à la Tronche, la date de lancement de la tournée européenne que vient d'entamer Alec Empire et son Hellish Vortex (c'est-à-dire le groupe qu'il forme en duo avec sa partenaire Nic Endo depuis l'époque de feu Atari Teenage Riot).
J'avais déjà vu le groupe en première partie de Nine Inch Nails aux Arènes de Nîmes le 28 juillet de cet été, à l'occasion de leur dernier (?) concert en France lors du Wave Goodbye Tour. Leur prestation s'est avérée magnifique, alors que la scène entière, plutôt dénudée pour l'occasion, était réservée à ce seul duo. Malheureusement le son n'était pas à la hauteur et l'ambiance pas toujours au rendez-vous, les gens se heurtant à un concert qui eut lieu pratiquement de jour et à une musique bien différente de NIN. Malgré tout, les compositions et l'énergie qui émanait de tout ce joyeux bordel m'avaient interpelé.

Alec Empire aux Arènes de Nîmes

Bien que le groupe soit encore une fois en configuration minimale pour cette tournée, pour des raisons pratiques en termes de logistique, mais aussi parce qu'ils partent principalement pour écumer les petites salles, on se contente facilement de ce que dégagent ces deux fortes personnalités, ou plutôt ces deux personnages. Intéressant jeu de scène, pourtant vieux comme le monde... Un Alec Empire en punk exalté, parfois déchaîné, parfois presque hautain, l'air d'être loin de ce monde, et pourtant si présent dès que la sauce commence à prendre avec le public; Nic Endo, fidèle à elle-même: tatouage 'RÉSISTANCE' peinturluré sur son expression impassible, restant concentrée sur ses machines, avec de temps à autres un léger déhanché lancé du haut de ses talons aiguilles, en cadence sur les rythmes qui nous martèlent les tympans et nous font vibrer les entrailles... Les deux artistes nous livrent en version longue un concert finalement assez similaire à ce qu'ils avaient joué à Nîmes, mais l'intimité de la salle est un plus qui valait le détour.

Les bonnes surprises du concert: Chaton à la console (= bon son), pote & ingé qui avait participé à l'enregistrement de l'album du Rocking Ska Club... La première partie, assurée par un groupe de killers au son noise ultra-carré venus de Lyon, Doppler (avec notamment Yann Coste à la batterie, musicien français de renom)... Une rencontre improbable avec des vieux keupons de la vieille sous champis, à la sortie dans le froid glacial de l'après-concert en sueur... Mais surtout, Nic Endo qui, quelques instants après la fin du show, sort se fumer une clope avec qui veut bien, histoire de papoter un peu, beaucoup. Avant qu'on ne se fasse mettre dehors par l'équipe technique, j'ai ainsi eu l'occasion de discuter musique, tournée, Atari Teenage Riot, et de rapporter un petit autographe souvenir sur mon ticket. Et au passage, de découvrir une artiste qui en dépit d'une notoriété internationale (et plus qu'importante, certes dans la sphère underground...), accorde un moment à l'humain dans tout ça.
Chapeau.

Thursday, 15 October 2009

Scepticisme

Aujourd'hui, j'ai revu 'The Book of Life', un moyen métrage de Hal Hartley.
Ce moyen métrage retrace en une heure les brèves mésaventures New-Yorkaises de Marie-Madeleine, du Christ, de Lucifer et de deux ou trois humains pris dans l'engrenage divin des sept sceaux de l'Apocalypse, à l'aube de l'an 2000. Je ne sais pas pour vous, mais à la base, je m'attendais à passer un sale quart d'heure (ou plutôt quatre) à revisiter les bons vieux clichés religieux à en crever.
Bon, on est fan ou on ne l'est pas... Je me demandais donc comment Polly Jean Harvey avait pu atterrir dans le casting d'un tel film. Je n'ai pas été déçu. Si Marie-Madeleine a en fait un rôle assez mineur dans l'histoire (contrairement à mes attentes de groupie), l'œuvre dans son ensemble, bien que n'étant pas d'une qualité extraordinaire filmiquement parlant, m'a en revanche beaucoup marqué à une époque où mon athéisme se prononçait. Elle touche à de nombreux points intéressants au niveau des différentes croyances possibles liées à l'avènement du nouveau millénaire, notamment l'Apocalypse et la notion de colère divine irraisonnée et intraitable. Ce qui m'avait frappé, c'était humanité donnée aux personnages mythiques, leur analyse du caractère humain de leurs points de vue d'immortels. Ce caractère humain, ce potentiel inimaginable auquel on peut que laisser le bénéfice du doute, et auquel ils deviennent en quelque sorte accros, au point de préférer le royaume des mortels, à s'en faire bannir du Paradis. Le personnage du 'Porteur de Lumière' déchu en particulier est bien cocasse... Mais c'est surtout la nouvelle incarnation d'un Jésus rebelle, optimiste et en proie au doute, écrasé par le poids de ses responsabilités et de son héritage divin, que l'on retient.
J'ai l'impression que la vision d'ensemble de ce film est tellement positive, en fait... Rejeter la croyance dogmatique pour une croyance à l'objet tellement plus entropique... Plus aléatoire mais tellement plus complexe. Plus charmeur, aussi. Il y aura toujours un doute, mais est-ce que ça ne vaudrait pas le coup qu'on s'y attarde au final, au cas où quelque chose de bon en sortirait enfin?
Pour ma part, je ne sais trop quoi en penser, je reste un peu plus pessimiste quant à l'avenir de la race humaine. M'enfin, si je ne sais pas vraiment où on va, on verra bien assez tôt, au rythme où on y va...

Wednesday, 7 October 2009

Un éclaircissement de gorge, puis...

J'aimerais relooker cet endroit, dépoussiérer, redonner de l'âme, ou plutôt de la vie. Du baume au cœur? Peut-être de quoi rattraper le temps perdu, peut-être de quoi alimenter les passages impromptus, peut-être du consommable, du combustible, du bois de chauffage pour l'hiver qui arrive, oui, peut-être de la chaleur, que ce soit en entrouverture de porte, en coup de vent, l'irradiation des flammes qui vous caresse le visage, vous enveloppe. Ou bien en tergiversations à savourer comme un bol de chocolat chaud devant la cheminée, chaque lampée un souvenir, une impression, une douceur.
Parce que si la raison d'être de ce blog était à la base violente, une douleur, j'ai envie de changer de lettre au milieu, un peu comme les choses ont pu changer au milieu pour moi aussi. Passer d'un L à un C, ça ne se fait pas d'un coup, bien sûr, mais bon, la Licence est obtenue, alors pourquoi pas amorcer le premier pas dans la Carrière? Passer la Lubie au Crible pour voir ce qu'il en sort, ce qu'il en tombe, ce qu'il en remonte aussi, à force. La gravité a du bon en ce sens qu'elle nous montre jusqu'où peuvent descendre les choses. Une fois le phénomène observé, on sait parfois à quoi s'en tenir, par déduction, par empirisme. On apprend parfois à attendre le bon moment pour prendre appui sur le fond, à savoir jusqu'où la poussée pourra nous porter, à savoir comment négocier la prochaine trajectoire.
Je ne changerai pas fondamentalement de méthode, vous l'aurez deviné. Une esquisse d'impression par ci, un portrait de moment par là... Mais je compte tout de même plus satisfaire les amateurs de caractères et de police, aussi, hihi. Intéressante contradiction. Bref, en l'absence d'études pour agiter ma cogitation, il faudra bien maintenir quelques connexions neuronales en état, pas vrai? Quoi de mieux que l'expression écrite, après tout, pour traduire ces nuances et formes dont le titre fait mention... À l'avenir, j'espère tout de même plus vous faire penser à la projection d'un lever de soleil à travers un store qu'aux variations de ton des moisissures sur le plafond d'une salle de bain, aussi trivial que tout cela puisse paraître!
Je suis assez optimiste.

Cordialement,

L-C--

Sunday, 13 September 2009

Oh, how we danced...


And we swallowed the night
For it was all ripe for dreaming

Oh, how we danced away all of the lights

We've always been out of our minds